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Tag - Patriarcat

Un si beau chant d'amour

« Lettre à D. » Un merveilleux cadeau qu’André Gorz nous a fait avant de s’éteindre. « Tu vas avoir quatre vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses plus que quarante cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. J’ai besoin de te redire simplement ces choses simples avant d’aborder les questions qui depuis peu me taraudent.  Pourquoi es-tu si peu présente dans ce que j’ai écrit alors que notre union a été ce qu’il y a de plus important dans ma vie ? Pourquoi ai-je donné de toi dans « Le Traître » une image fausse et qui te défigure ? »

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Culpabilité personnelle et responsabilité collective : le meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat comme aboutissement d’un processus collectif.

par léo thiers-vidal Pré­sen­ta­tion dans le cadre du Col­lo­que Marx IV – 01/10/04 - Matin, Sec­tion ” Genre et rap­ports sociaux ” (Nou­vel­les Ques­tions Fémi­nis­tes) Lors­que, le 27 juillet 2003, Ber­trand Can­tat a décidé de frap­per - à mort - Marie Trin­ti­gnant, il a engagé sa res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle pour les con­sé­quen­ces de ses actes - quels que puis­sent être ensuite ses dis­cours de déni, de recon­nais­sance par­tielle, de pro­jec­tion de res­pon­sa­bi­lité ou de pleine recon­nais­sance et éven­tuelle demande de par­don. Si cette dimen­sion sub­jec­tive, indi­vi­duelle de la recon­nais­sance de cul­pa­bi­lité peut être impor­tante pour les per­son­nes pro­ches de Marie Trin­ti­gnant et la façon dont cel­les-ci pour­ront vivre ce meur­tre, elle n’éva­cue évi­dem­ment ni la cul­pa­bi­lité indi­vi­duelle de Can­tat, ni la dimen­sion de res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive pour ce meur­tre. J’entends par res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive le fait que les actes de Can­tat peu­vent évi­dem­ment être ana­ly­sés comme reflé­tant son inves­tis­se­ment dans la mas­cu­li­nité hété­ro­sexuelle – c’est-à-dire l’inves­tis­se­ment sub­jec­tif par un humain d’un cer­tain regis­tre de pra­ti­ques de soi et des autres, sour­ces de béné­fi­ces struc­tu­rels con­si­dé­ra­bles. Les actes de Can­tat révè­lent ainsi le degré de résis­tance et/ou de com­plai­sance que celui-ci a au préa­la­ble déve­loppé face à cette socia­li­sa­tion mas­cu­line héte­ro­sexuelle. Plus spé­ci­fi­que­ment, les actes de Can­tat peu­vent éga­le­ment être ana­ly­sés comme le pro­duit d’une socia­li­sa­tion mas­cu­line spé­ci­fi­que­ment de gau­che radi­cale. Et c’est en tant que pra­ti­que d’une mas­cu­li­nité hété­ro­sexuelle enga­gée à gau­che que les actes de Can­tat peu­vent col­lec­ti­ve­ment inter­ro­ger les hom­mes hété­ro­sexuels de la gau­che radi­cale.

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